Les objectifs affichés sont ambitieux : l'Institut de la vision sera le premier centre européen intégré dédié aux maladies oculaires et il permettra de développer des projets d'envergure internationale, en synergie avec l'Inserm, l'université Pierre-et-Marie-Curie (Paris VI) et le centre hospitalier national d'ophtalmologie (CHNO) des Quinze-Vingts. Il sera dirigé par le Pr José-Alain Sahel [1] et il accueillera onze équipes de recherche biomédicale et des entreprises dites innovantes qui partageront les équipements [2] et les 5 900 m2 du site dédié au sein du CHNO des Quinze-Vingts.

Professeur José-Alain Sahel"On veut intégrer complètement la recherche dite fondamentale, la recherche médicale et la recherche industrielle pour qu'il y ait une continuité entre ces différents modes. Tout va être partagé dans ce site qui n'a pas d'équivalent en Europe actuellement", a précisé J.-A. Sahel à l'AFP en soulignant la "continuité complète, depuis la recherche moléculaire jusqu'au malade, y compris jusqu'au handicapé, pour les maladies du vieillissement (degénerescense maculaire), maladies génétiques, diabète, glaucome et malvoyance voire cécité".

Bertrand Delanoë, maire et candidat à la mairie de Paris, n'a pas manqué de visiter le chantier. "Réélu, je souhaiterais, si je suis en situation de le faire, investir un milliard d'euros pour la recherche, l'université, et toutes les PME innovantes" a-t-il assuré. Il n'est pas certain que cette déclaration, éloge indirecte du partenariat public-privé [3], rassure son électorat traditionnel...
Il faut à présent souhaiter que ce partenariat aboutisse dans les années à venir à des recherches fructueuses, bénéfiques à l'ensemble de l'ophtalmologie comme aux patients.

1. Directeur de l’unité 592 de l’Inserm, chef de service du CHNO des Quinze-Vingts, Paris, France.
2. L’Institut de la vision, richement doté, fonctionnera avec des plateaux techniques communs : animalerie de 5 000 rongeurs, analyse du transcriptome, du protéome, bioinformatique, imagerie (dont le projet OEIL), tests comportementaux, électrorétinogramme, étude des canaux ioniques, etc. La surface restante étant partagée entre des laboratoires du secteur académique, dont l’unité Inserm 592, et les laboratoires d’entreprises.
3. Le coût d'investissement aurait été de trente millions d'euros selon l'Insem [www.inserm-actualites.fr/index.php?id=850]. En vertu de l'ordonnance du 4 septembre 2003 réglementant le bail emphytéotique hospitalier, complétée par la loi du 9 août 2004 relative à la politique de santé publique, un hôpital peut faire financer la construction d’un bâtiment par un opérateur privé sur un terrain mis à sa disposition [www.ppp.minefi.gouv.fr/].